Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

A nous de faire la part des choses : http://freezon.fr.nf/

Economie en France

Publié le 2 Juillet 2013 par Didier in emploi, finance, société

Les uns prônent le plus local, pendant que les autres importent de la main d'oeuvre payé à coup de lance-pierre "grâce" à l'Europe ou encore certains qui exploitent dans des pays à l'autre bout du monde...

A lire tout cela, on se dit qu'on devrait se faire discret et fermer sa gueule, dommage !

Publicité

Relocaliser : un choix de société !

La consommation responsable est en effet une juxtaposition, un arbitrage entre différents critères :

  • le rapport qualité-prix: durabilité, juste prix, …
  • Les conditions de travail: les droits des travailleurs, les revenus, l’emploi, …
  • La santé: du consommateur, du travailleur, bienfait – nocivité, …
  • L’environnement: l’utilité, la durabilité, processus de production, transport, emballage, …
  • Le modèle culturel: une consommation choisie ou subie, standardisée ou diversifiée, accessible à tous, économie publique ou privée, …

Dans cette approche, la première des questions qui surgit alors n’est pas l’origine ou le mode de transport d’un produit, ni même celle du bilan de son cycle de vie, mais bien la question de la nécessité de le consommer. Relocaliser, c’est donc avant tout remettre en question notre mode de vie. Relocaliser, c’est aussi consommer moins !

L’enjeu de la relocalisation se situe donc au niveau du choix de notre modèle de développement. Il s’agit de rompre cette spirale négative pour en créer une vertueuse, au Nord comme au Sud. Serge Latouche, dans le Pari de la décroissance 2 , lance quelques pistes d’une telle politique :

  • diminue l’empreinte écologique du Nord
  • redistribue équitablement les richesses
  • restitue le patrimoine mondial, notamment par le remboursement de la dette écologique des pays industrialisés
  • permet l’indépendance économique
  • permet une identité culturelle propre au Sud
  • réintroduit des produits et des valeurs « non-économiques »

Autant de pistes qui sont réalisables par des choix politiques audacieux. Par exemple, internaliser les coûts écologiques dans les prix des biens de consommation favoriserait les modes de production et de vie respectueux de l’environnement. Limiter le pouvoir des multinationales et des investisseurs ou autoriser les pays pauvres à protéger leurs secteurs économiques importants permettrait à ces derniers de retrouver une certaine indépendance et donc leur dignité. Car, en définitive, relocaliser consiste à donner à chacun un rôle d’acteur de son propre développement.

" Originaire de Porto, il s'est démené quatre mois, au printemps 2012, sur le chantier du Carré de Jaude, mégacomplexe immobilier édifié par Eiffage à Clermont-Ferrand. Ferrailleur, il s'activait pour l'armaturier tricolore ASTP via la défunte agence d'intérim lusitanienne Paulo SA.
« Les Français avaient l'air de Playmobil tellement ils étaient protégés. Moi, j'œuvrais en suspension sans panoplie de sécurité. » Fruit de ses contorsions : « 600 € mensuels. Paulo SA en retenait 80 pour le mobil-home où je dormais, dans un camping. Les deux derniers mois, je n'ai rien touché. On m'a expliqué qu'ASTP était en redressement judiciaire. »
Précisons pour la bonne bouche qu'ASTP, experte ès détachements fumeux, est gérée par le frère du patron de Sendin SA. Une famille formidable ! « Quand j'ai signalé au chef de chantier d'Eiffage que mes sous étaient bloqués, poursuit Joachim, il a soupiré que c'était pénible. » Une empathie à la hauteur des positions du groupe : en septembre 2012, Michel Gostoli, président d'Eiffage Construction, écrivait ainsi à la CGT, mobilisée sur cette affaire : « L'entreprise ne peut être tenue responsable du non-paiement d'un quelconque salarié prêté. [...] Nous ne sommes pas en mesure d'exiger de nos sous-traitants qu'ils nous communiquent des éléments de rémunération de leurs personnels. » Ponce Pilate ne se serait pas mieux rincé les pognes.

Joaquim pourtant est résolu à porter son infortune devant les prud'hommes avec le soutien de l'inusable Laurent Dias. « Je veux récupérer mon argent, réagit-il. Au Portugal, avec mes 5,50 € l'heure, je m'en sortais mieux. Ici, je n'étais même pas à 4 €. » A peine plus qu'Hugo et ses 3,17 € : enrôlé avec deux camarades par un compatriote véreux, ce trentenaire déjà voûté veut lui aussi en découdre. « On n'a pas été payés, les prud'hommes de Draguignan doivent nous rendre justice, scande-t-il. Cinq cent cinquante euros mensuels pour 40 heures hebdomadaires, c'est un tarif de chiens et on nous l'a refusé ! Quand l'un de nous s'est sectionné le tendon avec une scie circulaire, il a été jeté à l'hôpital comme un déchet, personne n'a été alerté. On ne mérite pas ça...» "

" « Moi, je m'en fous, de tout ça, braille-t-il. J'ai monté une autre affaire en France avec une filiale au Portugal : là-bas, mes cinq sœurs trouvent des candidats par petites annonces et me les ramènent. Y a qu'à ramasser ! » Et de fanfaronner : « En ce moment, j'ai 10 gars à Toulon, 15 autres à Grenoble. Avec moi, un patron français économise 800 € par tête d'ouvrier. Je fais mon beurre et le Portugais, il est content. » Ce parangon d'intégrité a baptisé sa nouvelle machine à asservir Pioneiros em marcha, soit « Pionniers en marche ». Pour qui considère l'espace économique européen comme un nouveau Far West, ce n'est pas mal vu... "

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité