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Burn-out: il n'y a pas de fumée sans feu

Publié le 28 Octobre 2015 par Didier in sante, emploi

Au 16-04-2013 :

" Et maintenant ? On assiste, selon Vincent de Gaulejac, aux résultats de l’intégration des concepts de l’ultralibéralisme, de Milton Friedman, notamment, vers le concept de "gestion des ressources humaines". "Au lieu de remettre l’humain au cœur de la gestion, on le considère comme une ressource " Est-ce paradoxal ? "Oui, le paradoxe, c’est que ce n’est plus alors l’entreprise qui est un moyen de ressource pour l’humain, mais le contraire. L’humain, le capital humain, n’est plus qu’un moyen. On veut optimiser sa productivité." Et la société est imprégnée de ce concept : "Songez à l’angoisse des parents face à la réussite scolaire des enfants. On doit les préparer. On gère le capital humain des enfants pour qu’ils deviennent performants dans tous les registres, pour entrer dans cette culture de la performance et devenir des outils pour les entreprises." "

" Ils sont donc entrés dans le mythe du "I want to be the number one", avec les attributs de la réussite. Comme les salaires délirants des grands patrons d’industrie qui ne peuvent se satisfaire de moins sous peine de ne plus passer pour un "number one". Ceci crée un univers artificiel déconnecté de la réalité. Les gens vivent dans des paradoxes constants qui les minent : on les veut autonomes, responsables et créatifs, mais ils doivent entrer dans un moule normé, adapté aux objectifs fixés." Et un jour, ils craquent. "

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Présentéisme
Les conséquences sur la productivité

En France, où la culture de la présence excessive est forte, les entreprises se focalisent souvent sur les absences comme indicateur de la santé et de la qualité de vie au travail. Une vision un peu étriquée si l'on en juge par les propos tenus par Thierry Rousseau, chargé de mission du département Changements technologiques et organisationnels de l'Anact, auteur d'un ouvrage sur cette thématique dans le numéro de Travail&Changement daté mars/avril 2014. "Dans des organisations caractérisées par de forts contenus technologiques, l'automatisation et les rapports de service, la performance ne repose que partiellement sur la présence effective des personnes", déclare-t-il. Un salarié faisant preuve de présentéisme serait même moins productif.

Le coût pour l'entreprise

Plus sournois et coûteux que l'absentéisme, le présentéisme est le nouveau fléau des bureaux. Un chercheur vient d'évaluer son coût à 14 milliards d'euros par an. Paradoxe, aujourd'hui les entreprises se focalisent sur les absences en pensant que plus un collaborateur est présent au travail, plus il est productif.

Champions des heures supplémentaires, ils rechignent à partir en vacances et ne vont pas laisser une petite grippe les empêcher de travailler... Des salariés modèles ? Peut-être, mais plus vraisemblablement des collaborateurs en souffrance présentant tous les signes du présentéisme. Encore confidentiel, ce terme apparu en Amérique du Nord, évoque des salariés très - trop - présents physiquement, mais pas productifs pour autant. Et concerne bon nombre d'entreprises qui l'ignorent.

Définir le présentéisme

Considéré parfois comme l'inverse de l'absentéisme, le présentéisme recouvre une réalité plus subtile. Et plus diverse. En effet, selon l'Association nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), trois définitions coexistent. En premier lieu, ce terme évoque une présence "paradoxale" sur son lieu de travail, sans engagement et sans être complètement en possession de ses moyens. On parle alors de démission intérieure. Il s'applique aussi aux personnes présentes de manière excessive. A force de dépasser les horaires et/ou de travailler le soir ou les week-ends, les salariés, souvent des cadres, ne marquent plus la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle. Ce qui aboutit à un surengagement ou surinvestissement. Enfin, le présentéisme fait allusion également aux personnes en mauvaise santé qui continuent de venir travailler. Par peur de perdre leur emploi ou par solidarité avec leurs collègues qui pourraient alors se trouver avec une surcharge de travail.

Présentéisme

Les résultats de la dernière étude française en date, conduite par Matthieu Poirot, fondateur du cabinet Midori Consulting, expert en qualité de vie au travail, montrent que si le taux d'absentéisme est de 4,53% (taux national en 2012), le taux théorique de présentéisme peut être compris entre 6,34% et 9% de la masse salariale. Quant à son coût caché, il représenterait entre 2,67% et 4,86% de la masse salariale, soit entre 13,7 et 24,95 milliards d'euros par an !

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