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Rafael Correa : « Avant, ils nous volaient l’espoir »

Publié le 16 Avril 2013 par Didier in democratie, liberte d'expression

" - Il s’agit aussi des mentalités, ont-elles beaucoup changé en ce sens ?

- Énormément. Vous m’avez dit que vous ne connaissiez pas le pays il y a peu. Sachez que six ans plus tôt, il n’y avait pas de routes, pas de services publics, il n’y avait rien ! C’était un pays en ruines ! Mais plus que les routes, les écoles, les hôpitaux, la presse, les barrages, les ports, les aéroports, ce qui compte est le changement des mentalités. Ils nous avaient tant frappés : l’élite politique médiocre, la presse qui pour dominer nous volait l’espoir, nous persuadait que nous étions les plus inutiles, les plus corrompus, les plus paresseux, ils nous avaient tant bombardés que nous étions alors le pays du désespoir. C’est le plus grand changement que je vois. Les gens sont motivés, fiers de ce que fait leur patrie, ils se sentent représentés par leur gouvernement, ils ont retrouvé confiance en eux. C’est ça l’essentiel pour continuer d’avancer, plus important que les routes et les infrastructures, l’attitude des gens. Et cette attitude a engendré un demi-tour r
adical. "

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" - Bien, vous avez dit après avoir gagné les élections que votre but est de rendre la Révolution irréversible. Que faut-il faire pour y arriver ?

- Achever de consolider les nouvelles institutions de l’État. Le point de départ, c’est de changer les relations de pouvoir. L’Amérique Latine a longtemps été dominée par des élites. Ce n’était pas des élites progressistes, modernisatrices pour le bien commun, c’étaient des élites qui accaparaient les fruits du progrès technique, pour avoir leurs quartiers propres, comme Monsieur Lasso [chef de l’opposition, néo-libéral], qui dit que je représente l’élite, alors qu’il vit dans un lotissement avec lac artificiel et carte magnétique pour entrer. Moi, on ne me laisse pas rentrer. Ils ont leurs propres forteresses, leurs propres écoles, qui ne donnent pas forcément de meilleure éducation mais qui sont si chères que seuls les plus riches y vont. Et ils se marient entre eux pour perpétuer la lignée, la domination. Ils ont leurs propres clubs, etc. Voilà ce qu’est la classe d’élite qui a dirigé l’Amérique latine, les pouvoirs qui ont dirigé notre pays. Ceux-ci sont devenus des États bourgeois, simulacres, représentants d’une minorité et laissant de côté la grande majorité. La révolution vise essentiellement à changer cette relation de pouvoir au profit des citoyens, de l’immense majorité, de l’humain sur le Capital – parce que le Capital nous a dominé comme il domine actuellement en Europe, soit dit en passant – et à transformer ces états bourgeois et simulacres en des états à part entière, populaires, qui nous représentent tous et toutes. Nous avons beaucoup avancé, mais tout reste réversible : c’est ça le message qui a été adressé au peuple équatorien. Nous devons rendre irréversible ce changement dans la relation des pouvoirs pour que toujours, ici dans notre pays, ce soient les citoyens et les êtres humains qui donnent les ordres, et plus jamais les banquiers, les médias corrompus, les pays hégémoniques, les bureaucraties internationales et le FMI, ou, pire encore, le Capital, particulièrement le Capital financier, comme ils ont dominé jusqu’à la Révolutio
n Citoyenne. "

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