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A nous de faire la part des choses : http://freezon.fr.nf/

Le barrage de Sivens

Publié le 30 Octobre 2015 par Didier in ecologie, Nature, Lobby, Guerre, censure, democratie

Au 30-10-2014 :

Voila quelques temps qu'une nouvelle lutte oppose les défenseurs de la Nature et du Paysage et les investisseurs cupides de la rentabilité à tout prix.

Un projet dont l'étude débuta en 1989 et qui mériterait p-e, depuis, d'être réétudié pour respecter les contraintes et les besoins du XXIeme siècle...

Bien entendu et comme partout ailleurs, les intérêts obscures (mais financiers) entre amis (et pot-de-vin/lobby) vient couper court à toute discussion et remise en cause.

Le bulldozer étatique est en marche et rien ni personne ne pourra le dérouter, c'est tellement mieux de rester tête baissé jusqu'au bout de sa connerie (ce qui reflète bien le comportement de nos politiques et de notre système étatique/administratif actuel).

Si vous voulez avoir une vision générale sur la lutte, l'historique du projet, les raisons qui ont poussé des gens à venir résister sur le terrain, nous vous conseillons de prendre le temps de regarder "La lutte de Sivens" (31’) qui est un nouveau film qui couvre la lutte sur les 6 premiers mois 2014. Réalisation : Roxane Tchegini (Terre éveillée).

Ce projet de barrage de Sivens est inacceptable pour de multiples raisons :



Il découle d’un conflit d’intérêts flagrant de la CACG qui a obtenu ce contrat juteux après avoir eu le monopole des études qui justifient le projet.



Il repose sur des études manipulées, sur une norme réglementaire fixée par la CACG elle-même, toutes choses que nous avons découvertes en 2013 dans le rapport de la CACG (2001) que le Conseil Général (CG 81) et la Préfecture ont refusé de communiquer depuis 2011.



Le processus d’élaboration du projet est un déni de démocratie : nulle concertation des associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques, avis défavorables cachés durant l’enquête publique, refus du CG 81 et de la Préfète de débattre en public et même de répondre à nos questions… La Préfète n’a pas suivi les avis des scientifiques, des experts nationaux, de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de Pêche et des milieux aquatiques, des services de l’Etat chargés de l’eau (ONEMA)…



Ce serait un gouffre pour l’argent public avec un investissement annoncé de 8.4M € uniquement sur fonds publics et un coût de fonctionnement de l’ordre de 360 000 €/an pendant 20 ans. Alors qu’il s’apprête à sacrifier une « zone humide majeure du département du point de vue de la biodiversité », le CG 81 refuse toujours de dire combien les irrigants paieront le m3 d’eau. Sur la base du barrage de Thérondel (82), ce serait maximum 50 €/an/ha (pour 2400 m3) soit une facturation de maximum 16000 €/an. C’est donc le contribuable qui paierait 95 % du coût de fonctionnement…



Il encouragerait la poursuite d’un modèle agricole productiviste défendu par la FNSEA depuis des décennies et qui est un échec total pour l’emploi, la santé (des paysans et des consommateurs), l’environnement, les finances publiques, etc… Sur le parcours du Tescou concerné par le barrage, il n’y a qu’une vingtaine d’irrigants aujourd’hui. C’est donc un investissement public d’environ 200 000 € par irrigant que le CG81 s’apprête à réaliser et sans aucune contrepartie sociale et environnementale ! Tout comme la Confédération Paysanne, nous réclamons que l’argent public bénéficie équitablement à tous les paysans et sur la base d’une agriculture paysanne agro-écologique.



Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires. La compensation environnementale prévue à travers notamment la réhabilitation de 9 petites zones humides éparpillées sur le bassin n’est pas acceptée par les scientifiques et experts consultés lors de la procédure.



Ce projet est donc en complète contradiction avec les beaux discours du Conseil Général, de l’Agence de l’Eau et du gouvernement. Pour continuer à l’expliquer et à convaincre que les alternatives que nous proposons sont plus intéressantes pour l’intérêt général et moins coûteuses.

Collectif Testet

A travers ce que l’appareil d’Etat appelle la “montée des périls”, on discerne clairement un affrontement entre deux mondes idéologiques, entre deux imaginaires politiques : le monde ancien, celui du XXe siècle, qui veut à tout prix bétonner, développer, et qui considère que le progrès est uniquement là, et un monde beaucoup plus épars, diversifié, autonome, avec des gens venus d’un peu partout, qui viennent contester cet ordre et cette vision du monde entièrement faite de bétonnages, d’aéroports, d’autoroutes et de toutes sortes d’équipements qui aujourd’hui apparaissent non pas comme nécessaires mais dangereux. En l’occurrence on a affaire à des équipements qui sont potentiellement hors la loi, puisqu’ils contreviennent à la loi sur l’eau et les zones humides, que ce soit à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens.

Il y a véritablement deux visions du monde qui s’affrontent. Aujourd’hui le conflit larvé qui se joue derrière ces répressions extrêmement dures de manifestations est aussi le combat entre deux mondes, entre l’Etat qui considère qu’il est impossible de ne pas réprimer des gens qui contestent un chantier, et un monde qui considère que la justice est du côté de ceux qui se battent pour la nature, l’environnement, et une certaine appréhension du droit. Je pense qu’il y a dans l’appareil d’Etat et chez les politiques une difficulté très forte à appréhender la force des nouveaux droits, sociaux, culturels et environnementaux qui émergent.

Les Inrocks

Au 30-10-2014 :

Une grenade offensive, qu'es-ce que c'est ?

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Quelques autres témoignages :

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Ajout du 04-11-2014

Ajout du 07-11-2014

Ajout du 12-11-2014

Ajout du 24-02-2015 : Les regroupements s'opposants au barrage de Sivens continues. Pas mal de casse dans l'espace public cette fois, malheureusement. Les cibles sont tout de même cohérentes : banques, promoteurs et autres grands groupes monopolisant l'argent de tous.

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